Neuroscience et neuropsychologie de la vision des couleurs
Michel Imbert
Université Paul Sabatier, Toulouse III
Dpt d’études cognitives, Ecole Normale Supérieure
michel.imbert@ens.fr
Résumé
Au cours des vingt dernières années, des progrès considérables ont été réalisés dans la description des diverses aires qui traitent l’information visuelle. Leur nombre a presque triplé au cours des 10 dernières années. Ces diverses aires diffèrent les unes des autres morphologiquement, par leur organisation intrinsèque et par leur organisation extrinsèque, définie par les connexions qu’elles reçoivent ou qu’elles envoient vers d’autres régions cérébrales. Elles diffèrent également par le type de traitement que leurs neurones réalisent sur les divers attributs du stimulus visuel, et cliniquement par le type de déficit que leur lésion entraîne.
Nous insisterons dans notre exposé sur le codage chromatique au niveau du cortex cérébral, et nous montrerons que la propriété la plus remarquable des neurones de V4 est de les rendre aptes à assurer notamment la constance perceptive de la couleur.
Des résultats remarquables sur la perception des couleurs n’ont pu être obtenus que grâce à la combinaison de diverses disciplines, l’anatomie, la physiologie, la psychologie notamment, ont toutes collaboré à établir les bases neurobiologiques de la perception de la couleur. Restent cependant de nombreux problèmes à résoudre, en particulier comment s’établissent les liens entre les mécanismes neurophysiologiques et les phénomènes perceptifs qualitatifs, particulièrement intriguant comme en témoignent les longues et persistantes discussions philosophiques à leur sujet. On le voit, le domaine de la vison des couleurs est toujours riche et excitant.